La généalogie d'Henri PAITRAULT

La généalogie d'Henri PAITRAULT...

Sommaire

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Mazières

L'isolement

L'habitat

La vêture

Religion et croyances

L'agriculture

L'école

Les maladies et épidémies

Le Petit Âge Glaciaire

Les Paitrault

l'histoire des Paitrault

Je tiens à remercier monsieur Serge Pacaud, historien, habitant Mazières qui m’a beaucoup aidé, grâce aux documents qu’il m’a confiés (cartes, photos et explications diverses), ainsi que Paule, Henri , Lilou et surtout Andrée qui m’ont aidé dans mes recherches, qui ont péché des infos que je n'ai pas trouvées dans las Archives Départementales et raconté « la petite histoire » des familles qui n’est pas écrite.

Le plus ancien Paitrault que j’ai trouvé, Georges, serait né en 1629 à Mazières en Gâtine.Seule sa déclaration de décès en 1709 stipule «entre 70 et 90 ans, ce qui est vague
Je présume que le Georges en question n’est pas apparu ex nihilo, mais je n’ai aucun renseignement sur ses parents, ni sur sa naissance. Mazières étant issu d’un village gaulois, on peut penser qu’il y avait déjà des « Pétrix » à l’époque de Vercingétorix. Mazières en Gâtine sera le village natal des Paitrault jusqu’en 1815,à la naissance de François Philippe Paitrault.

Sauf indication, les textes suivants entre guillemets sont extraits de « Mon Village, ses hommes, ses routes, son école » de Roger Thabault(1895-1979), pédagogue natif de Mazières . Les textes entres parenthèses et en italique sont mes commentaires)

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Mazières en Gâtine

En 2011, Mazières avait 999 habitants , en 1801 :605 , et en 1716 elle n’avait que 90 foyers : « Mazières est une pauvre paroisse composée de 90 feux, renfermant 24 domaines, situés au nord de Niort, à la distance de 5 lieues (18 km),dans un terrain mêlé de quantité de bruyères, de terres labourables, de bois et rempli d’excellents pacages que font plusieurs petits ruisseaux qui y coulent. Il ne s’y recueille que du seigle et de l’avoine. On y élève quantité de gros bestiaux dont les habitants font commerce (...) Cette paroisse est du diocèse de Poitiers. Elle appartient au sieur de Breuillac en droit de haute justice (...) Sa maison est basse, mais bien boisée. Elle s’appelle le Petit Chesgne (Aujourd’hui le Petit Chêne, golf et chambres d’hôtes.) elle a diminué de 25 feux entre 1686 et 1716»

Cette perte est le résultat d’années de disette et de misère, dû à un climat souvent extrême : fréquentes canicules et froid intense qui ont sévit à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle ; En particulier la grande famine de 1693-1694 et le terrible hiver de 1709. (Voir plus loin) Cependant les Paitrault semblent passer à travers. Seul décès relevé, Georges, déjà cité, en 1709, mais il avait entre 70 et 90 ans

Il est à noter que les habitants ont toujours secouru leurs concitoyens indigents, on ne laisse pas ses voisins dans le besoin.

Carlo Levi, écrivain italien, parle dans son roman autobiographique « le Christ s’est arrêté à Eboli » de cette « compassion fraternelle » : « Cette fraternité passive, cette souffrance en commun, cette patience résignée, solidaire et séculaire est le sentiment profond qui unit les paysans... » L’action du roman se situe en 1935-36 en Lucanie région pauvre et désertique du sud de l’Italie ou aucun arbre ne pousse et seule la chèvre peut survivre comme bétail.

Au XVII ème siècle Mazières n’est pas un village tel que nous l’entendons aujourd’hui, avec des rues longées de maisons, il était composé de quelques masures autour d’une fontaine : « le bourg » et des habitats isolés, appelés « village (*)», répartis sur la commune avec des terrains agricoles, Certaines sont grandes et permettent à leurs propriétaires de bien vivre et avoir domesticité, d’autres sont plus petites et suffisent à peine à la survie de leur propriétaire.

(*) « village » dérive de l'ancien français vil(l)e « ferme, propriété rurale, agglomération » issu du gallo roman VILLA « domaine rural », du latin villa rustica « grand domaine rural » avec un suffixe –age. Ici il désigne donc un groupement d’habitat plus ou moins mitoyen, voir en annexe les plans cadastraux des « villages » de la Tesserie, des Roulières et de la Guitonnière. On dirait aujourd’hui « lieu dit ».

Certains propriétaires ne vivent pas à Mazières et confient leur exploitation en fermage, métairie ou borderie. Je reviendrais plus tard sur le terme « borderie et bordier», les Paitrault ayant eu cette fonction. Je précise qu’un bordier n’a aucun rapport avec une maison de tolérance et que les Paitrault n’étaient pas des tenanciers de bobinards.
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Entouré de rouge les principaux lieux où vécurent les Paitrault : les Roulières, la Tesserie et la Guitonnière. Ces lieux existent toujours.

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L'isolement

Au XVIIe siècle, Mazières est relativement isolé, les chemins, à cause d’une terre imperméable, des bordures faites de hautes et épaisses haies (la gâtine) faisant de l’ombre, sont toujours détrempés, même l’été. Les chevaux pouvaient s’embourber jusqu’au poitrail dans certaines zones.
Il faudra attendre 1850 (II ème République) pour voir l’application de la loi dite « Thiers-Montalivet » de 1836 qui oblige les communes à entretenir les chemins vicinaux et en assurer le pavage et le drainage. Ce travail sera effectué par les indigents du village et financé par l’État. La fin complète du désenclavement se fera en ..........2005 par la liaison à 13 km de l'échangeur "Niort Nord" de l'autoroute A83 (Nantes-Niort), qui se raccorde un peu plus loin à l'autoroute A10 (Bordeaux-Niort-Paris)!
L’ isolement fera que Mazières restera en dehors des soubresauts de l’histoire, la Révolution et les révoltes des chouans entre autres, si ce n’est le curé Caravoc assassiné chez lui le 6 décembre 1794 et en octobre 1795 l’officier de Santé Pierre Morel tué à quelques kilomètres de chez lui. Le maire ne pourra constater son décès « attendu que le pays est insurgé et occupé ».

Cet enclavement rendra les mazièrois autarciques, ils vivaient en vase clos de leurs productions : le /les cochons qu’on tuait une fois l’an, la volaille, les patates et les choux du jardin, les laitages issus du cheptel , vache et/ou chèvres. On buvait du cidre de pommes ou de prunelles sauvages, de l’eau. Le vin était peu présent, même chez les nantis, car très cher. L’huile venait des noix ramassées aux alentours. Ils faisaient leur pain toutes les trois semaines et n’achetaient à l’épicier que le sel et les bougies. Cette alimentation déséquilibrée devait influer sur la santé et le développement des habitants.
En 1808 sur 79 conscrits, 18 furent déclarés « bon pour le service » ; cinq furent renvoyés « à la fin du dépôt » ( ?) ; trois ajournés et 52 réformés (65%). Extrait d’un rapport du Préfet des Deux Sèvres à cette date : « Les levées ne sont pas belles, Il semble que l’espèce dégénère. Le travail forcé auquel les cultivateurs assujettissent prématurément leurs enfants dès l’âge de quatorze ou quinze ans nuit au développement du corps (...) D’ailleurs dans ce département et surtout la Gâtine (...) rien n’est plus difficile que de trouver des conscrits de la taille de cinq pieds cinq pouces (environ 1,65m) (...) les plus rabougris sont ceux des cantons de Menigoute, Mazières et Parthenay. Cette contrée, ainsi que toute la Gâtine, présente un nombre prodigieux de jambes ulcérées, de sourds et d’épileptiques... »

L'habitat

L’habitat est pauvre, le mémoire du Préfet Dupin en l’an IX de la République (1801) définit ainsi les maisons :
« L’ignorance des maçons se fait encore plus sentir dans les campagnes et y produit de plus funestes effets. Presque partout les maisons sont très petites, enfoncées de plus d’un pied au dessous du niveau du sol, souvent sans fenêtres, ne recevant la lumière que par une porte basse et presque toujours fermée. Les meubles sont entassés les uns sur les autres, dans la chambre unique avec quatre ou cinq lits. Des baquets où se dépose la nourriture de la volaille et des cochons et qui jamais ne sont lavés, contribuent encore à corrompre l’atmosphère et un cloaque creusé devant la porte pour y faire pourrir le fumier achève de rendre ce séjour infect »
Je pense que le Préfet, citadin instruit et qui ne devait pas avoir une haute idée des paysans n’a pas visité ces hameaux mais se fiait à des descriptions relayés par des tiers pas forcement objectifs, il faudrait être bien ballot pour mettre un tas de fumier devant sa porte. D’ailleurs lorsqu’on lit les propos de ce préfet sur les maladies (voir § "les maladies et le épidémies") on peut lui trouver un certain sens de l’exagération. Par ailleurs j’ai cette description moins pessimiste faite par le docteur Pouzet , maire de Mazières en 1853, soit un demi-siècle plus tard:
« Les maisons elles-mêmes étaient basses, couvertes de tuiles. On y pénétrait par une porte pleine de la hauteur d’un homme, surmontée d’une étroite rangée de trois carreaux. Seules les maisons importantes avaient une fenêtre à côté de cette porte. Une barrière en bois, plus basse, assez grossièrement fabriquée et ferrée sur l’extérieur des murs (...) permettait de maintenir le plus souvent la porte ouverte, de donner de l’air et de la lumière en évitant l’invasion des poules et des animaux domestiques. Beaucoup de maisons n’avaient qu’une pièce et l’on trouvait sur le sol battu, une grande table flanquée de deux bancs sans dossiers, un ou deux coffres et dans le fond un ou deux lits. Demeures sombres et insalubres où les maladies de poitrine et les formes intermittentes de cette dernière sont dangereuses, surtout dans un pays humide » Mais je pense que cette description était valable pour toutes les habitations modestes de France et de Navarre et jusqu'à une époque contemporaine.
Cet habitat ressemblait beaucoup à la maison où vécut Henri dans les années 1930 (voir photo ci-dessous):

maison_HenriDans « le Christ s’est arrêté à Eboli », déjà cité, on trouve une description assez similaire d’une masure de paysan : « les maisons des paysans sont toutes semblables, faite d’une seule pièce qui sert de cuisine, de chambre à coucher, et, presque toujours, d’étable pour le petit bétail, quand il n’y a pas à cet usage, près de ma maison, une baraque (...).D’un côté est l’âtre où l’on fait à manger avec un peu de bois mort rapporté chaque jour des champs; les murs et le plafond noirci par la fumée. Le jour entre par la porte. La pièce est presque entièrement occupée par l’énorme lit, beaucoup plus grand qu’un lit conjugal ordinaire. Dans ce lit dort toute la famille, le père, la mère et tous les enfants. Seuls les plus petits, aussi longtemps qu’ils continuent à téter, c'est-à-dire presque jusqu’à trois ou quatre ans sont couchés dans de petits berceaux ou des paniers en osier, suspendus au plafond par des cordes et qui se balancent juste au dessus du lit. La mère pour les nourrir n’est pas obligée de se lever, mais elle n’a qu’a tendre les bras pour les saisir et les mettre au sein ;(...) Les animaux se tiennent sous le lit, l’espace est ainsi divisé en trois couches : par terre les bêtes, dans le lit les hommes et en l’air les nourrissons(...) » A la différence que ces paysans de Lucanie, en 1935, étaient infiniment plus pauvres que les mazièrois du XVIIIème siècle.

Le fait de mettre les bébés "en l'air" les mettaient aussi hors de porté des rats et des pourceaux.

La vêture

Cette autarcie s’appliquait aussi aux vêtements, ils portaient hiver comme été des blouses et des pantalons en toile faits avec le chanvre qui était cultivé sur place. Ils étaient fait « pour durer une vie ».Après en avoir fait des pelotes de fil, les femmes les portaient aux trois tisserands de Mazières (à la Tesserie) qui se payaient avec la fourniture (environ 10%), les couturières venaient sur place, à la journée, tailler les vêtements. Les coiffures étaient des casquettes en poil de lapin. Les mazièrois allaient le plus souvent pieds nus et portaient l’hiver de gros sabots fourrés de paille.
Andrée qui m’a confié quelques anecdotes, m’a raconté qu’Augustin (1872), qui entretenait les chaussures de sa famille préconisait la marche « pieds nus » dès que possible pour ne pas user les clous.
La laine était peu utilisée, la race locale de moutons en fournissant très peu. Seuls les cultivateurs aisés portaient de la laine, ainsi que les grands chapeaux de feutre achetés à Parthenay ou St Maixent et quelque fois, ils portaient des chaussures.

Religion et croyances

Les mazièrois (comme tous les paysans de France) étaient superstitieux, croyaient aux loups-garous, aux galipotes (hommes-chien), Leur religiosité était mâtinée de croyances païennes. Ils croyaient aux magies blanches et noires. Les curés pour asseoir leur autorité se servait de l’une et l’autre. Andrée m’a relaté l’anecdote suivante : un jour, le curé magie-noire, avait coincé Juliette Charbonneau (1875-1959) dans l’étable pour lui faire subir les derniers outrages. Juliette qui ne s’en laissait pas conter a retourné une torgnole à l’inconvenant. Celui-ci dépité jeta un sort aux vaches et on ne pouvait plus les traire Augustin Paitrault (1872-1952), l’époux de Juliette alla voir le curé-magie blanche qui a béni son fusil. Il devait tirer sur un chien jaune qui traverserait la cour à 18h, et de ce fait tuerait le curé magie noire dont il ne resterait qu’une flaque de sang. Augustin ne l’a pas fait, est-ce qu’il ne voulait pas tuer un pauvre animal envouté ou estimé que les mauvaises intentions du curé magie noire ne valaient pas sa mort...Je ne sais pas ce qu’il est advenu des vaches.
Ces pratiques, qui remontaient à la nuit des temps étaient très présentes jusqu’à un passé proche. Je me souviens, petit, à Oran en Algérie, il y avait un peu plus haut dans la rue une vieille qui avait « el mal de ojos » (le mal des yeux) en français on dirait le « mauvais œil », sorcière notoire aussi crainte que consultée. Ces magies sont concomitantes avec la pratique de rebouteux, de formation technique et cartésien, j’ai été confronté à des guérisons étonnantes qui défiaient la médecine traditionnelle.


L'agriculture

Vous pouvez avoir par le lien suivant, un extrait du Mémoire de Préfet Dupin en 1801.

Sur le plan de l’agriculture, longtemps, on utilisera une charrue primitive. En 1843, Leclerc-Thouin écrira dans sa « monographie agricole de l’Anjou » : « les charrues grattent à peine le sol, cependant cet araire a plusieurs avantages qui en perpétue l’usage : un seul homme et un faible animal la conduisent (...) elle peut être presque entièrement construite à la ferme. Les fourches, herses et râteaux étaient aussi fabriqués à la ferme. Seuls, les socs de charrues, les pioches et les faucilles avaient du fer.

On fauchait à la faucille, en coupant les céréales à mi-hauteur, « à la beuille », puis elles étaient battues au fléau. En cela nos mazièrois ne différaient guère de leurs collègues des autres régions.

Cette économie autarcique faisait que l’argent était rare et ne circulait pas beaucoup. Un domestique agricole, nourri, blanchi (et peut-être logé) gagnait 150F par an ; la visite du médecin coutait 1F, un bœuf 350F, une vache 100, un veau 60F, une grosse charrette 150F. L’argent qu’ils devaient gagner lors des ventes de bestiaux ou de leurs récoltes terminait dans le bas de laine ou dans un mur.

Un Franc 1850 vaut 2,53€, ce qui met le salaire annuel du domestique à 379,5€ et le bœuf à 885,50€ Vous avez dit « SMIC » ? En 2007 un taureau Charolais d’une tonne coûtait 1.200€.

En Cévennes, dans les années 1970/1980, dans les murs des maisons qu’on abattait ou retapait on y a trouvé souvent des petits coffres contenant des sommes rondelettes : le magot !

Pierre Very écrira en 1937 un roman « Goupi Mains rouges » où il raconte l’histoire d’une famille de paysans charentais rusés, les Goupi. Outre l’intrigue policière, les enfants Goupi veulent savoir à tout prix où Goupi-l’Empereur (il est né sous Napoléon) a planqué le magot. Jacques Becker en fit un film en 1943. Même s’il a déplacé l’action dans les années 40, le résultat est bien. Mais je vous dirais pas où ce magot était caché !

L’agriculture y est pauvre, dans son mémoire, déjà cité, le Préfet Dupin dira en 1801 :
« Les environs de Parthenay n’offre rien de symétrisé (...) c’est un pays mêlé de vallons, de montagnes, d’étangs, de forêts, (...) Le sol est sec, pierreux et sablonneux, aquatique dans les bas-fonds et en général peu fertile. Il produit peu de seigle, mais des pâturages et des fourrages excellents. La culture y est encore dans son enfance ; la terre très maigre a besoin d’être fumée tous les ans, ce qui exige des frais considérables et la modicité des fortunes du pays s’oppose aux améliorations».
Peu d’exploitations étaient cultivées par leurs propriétaires, la majorité était traitée en fermage, métairies ou en borderie. Le terme « borderie » désigne une petite exploitation, voire une micro exploitation de un à deux hectares, atteignant rarement 15 ha, au-delà de laquelle elle devient une métairie. A l’opposé du bloc des métairies, les borderies sont composées de petites parcelles dispersées. Le bordier pouvait être propriétaire de l’habitat, mais pas forcement des terres. Ces petites exploitations ne possèdent pas de train de labour, ni bœuf, ni charrue. Les services d’un laboureur voisin suffisent à la mise en culture. En contrepartie le bordier apporte ses bras dans les métairies lors des gros travaux.

Jacques Bujault, cultivateur à Melle (situé à 57 km de Mazières, à l’Est de Niort) disait en 1837 :
« Dans le bocage, quelque grande que soit une ferme, elle n’a qu’une charrue. Le genêt, l’ajonc, le chiendent, la fougère, les ronces, les épines s’emparent des terres qu’on ne cultive pas. De pauvres animaux y crèvent de faim pendant neuf mois de l’année, y vivent et y prospèrent pendant trois. C’est la culture des Arabes de Mascara, un peu meilleure que celle des Iroquois et des Tartares de la Haute-Asie, qui courent les steppes avec leurs troupeaux, mais qui lui ressemble fort.
Bœufs, vaches et veaux couchent dehors pendant quatre à six mois et sans les loups (qui rendent en cela un grand service) ils ne rentreraient pas à l’étable. Avec ce système, on fait des tas de fumier gros comme le point. Et pas de fumier, pas de récolte. (le fumier étant le mélange des excréments et de la litière, paille ou autre, si les bêtes ne rentrent pas, il n’y a pas de production de fumier)
Les bocagers, Vendéens ou gens de Gâtine sèment un peu de seigle pour eux et pour les journaliers du voisinage. Ce grain s’exporte une année sur dix et à petit prix.
Les terres fortes, bien traitées, sont propres au froment, ils n’en tirent point et le tire des plaines. Sont-ils fins ces garçons là ! »

En résumé, nous sommes dans un cercle vicieux, les terres sont envahies par les mauvaises herbes, les charrues ne vont pas suffisamment en profondeur pour arracher ces racines. Sur ces terres, on y met des bovins, on les laisse dehors, de ce fait ils ne peuvent produire du fumier.

Le fumier est le seul engrais de leur connaissance, l’absence de contact avec d’autres agriculteurs ne leur permettent pas de faire évoluer leur mode de culture.

Je fais comme mon père faisait

Relevé dans le livre du préfet Dupin, déjà cité : « Dans l’esprit des cultivateurs, rien n’est bien que ce que faisoient leurs aïeux : innover est un crime que l’homme à gage (celui qui est payé pour une tache) prétend que celui qui le paie n’a pas la droit de lui faire commettre »

Jacques Bujault note « Point de fourrage sans prés, point de bétail sans fourrage, (...) Mais point de fumier sans bétail et point de grain sans fumier. Ainsi, les prés, les fourrages, le bétail et le fumier amènent le grain. Tout cela se tient et, si l’un manque, adieu la récolte. Veux-tu du grain...Fais des prés ».

De plus les baux étant au maximum de sept ans, pour que les propriétaires puissent augmenter le prix du bail à échéance, les métayers n’avaient pas envie de faire prospérer des terres dont ils n’auraient pas de retombés. Aujourd’hui, on dirait qu’il n’y avait pas de retour sur investissement.

Le progrès arriva en 1849 par la création d’une ferme école au domaine du Petit Chêne. Monsieur de Tusseau, qui avait plusieurs propriétés à Mazières offrit cette propriété qui ne lui rapportait pas grand-chose, au Gouvernement pour en faire une ferme-école. Monsieur de Tusseau en devint directeur avec un appointement de 2.400 F (6.072€), annuel ou mensuel, je ne sais pas.

A l’école fut introduite la charrue Dombale, beaucoup plus performante, qui travaillait en profondeur et pouvait arracher les racines des mauvaises herbes. Les Mazièrois observèrent de loin ce nouvel instrument. Ils étaient très septiques.charrue_Dombale Auguste Bouet directeur d’école à Mazières notait dans « monographie agricole de la commune de Mazières en Gâtine » en 1899 : « Il ne faudrait pas croire que les paysans remplacèrent sans hésitation l’ancienne machine par la nouvelle. Beaucoup prétendaient qu’elle faisait un labour trop profond et ramenait la mauvaise terre à la surface du sol »

M. Massé de la Jaunelière , cultivateur avisé (et surement un peu fortuné) fit l’acquisition d’une Dombale en 1856 et devant les belles récoltes obtenues, petit à petit, la charrue Dombale fit la conquête de la Gâtine à partir de 1860. Conséquence socio-économique, des maréchaux s’implantèrent dans le pays et fabriquèrent beaucoup de Dombale

Grace à la nouvelle charrue, lentement le défrichement commença libérant ainsi de nouvelles terres exploitables. En 1905, il restait encore quelques terres envahis d’ajonc et autre parasites.
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Tableau du progrès des cultures

L'école

Le progrès arrivera aussi par l’école, la loi Guizot de 1833, rendait l’école primaire obligatoire.
Cet enseignement se limitait à apprendre l’écriture, la lecture, le calcul sans oublier l’éducation religieuse et le système décimal.

Mazières ouvrit son école en 1836 dans un local loué par la commune, son instituteur M. Michel avait l’hiver cinquante garçons et dix filles et l’été que vingt garçons.
En 1840 il sera révoqué pour inconduite et immoralité.

Les paysans étaient peu enclins à envoyer leurs enfants à l’école. Vivant en autarcie et sortant peu de leur canton, ils étaient inconscients de leur ignorance du monde extérieur. Quel intérêt pour eux de faire apprendre à leurs enfants le français alors qu’ils parlaient le patois. Le seul contact qu’ils avaient avec le français était les actes officiels, on leur demandait simplement de signer, ce qu’ils ne savaient pas faire jusque dans les années 1850. Rare exception qui confirme la règle : Louis Paitrault signera en 1797 l’acte de naissance de son fils René.
A l’école on enseignait le système décimal et métrique alors qu’ils utilisaient comme unités de mesure la toise, la ligne et les pouces, qu’ils mesuraient le bois de chauffage en cordes et les surfaces en boisselées, toutes mesures de l’ancien régime. Et puis les enfants étaient plus utiles à la ferme.

Petit rappel : sauf indication, les textes précédents entre guillemets sont extraits de « Mon Village, ses hommes, ses routes, son école » de Roger Thabault (1848-1914). réédité en 1982 par les Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques- édition épuisée, mais on peut le trouver neuf ou d'occasion sur Internet ou en e-book

Les maladies et épidémies

Du point de vue de la santé, vous pouvez avoir avec le lien suivant, le rapport que le préfet Dupin a fait en 1801. Je ne sais pas si ce rapport n’est pas « gonflé », car à le lire on peut se demander comment pouvaient survivre nos mazièrois. Pour info, René Paitrault, à cette époque est décédé à 84 ans.
Je voulais parler des épidémies à Mazières, les XVIIeme, XVIIIeme étant riches en calamités de toutes sortes. Je n’ai rien trouvé de précis, je vais donc vous entretenir de ce problème dans la région ou dans les environs. Je partirai de la naissance de Georges en 1629, sachant que les siècles précédents n’étaient pas exempt de maladies ou épidémies, par exemple, la peste noire de 1347-1352 a tué en France 41% de la population. Pour mémoire la grippe espagnole (H1N1) a fait entre 1918-1919, dans le monde 30 millions de morts selon l’Institut Pasteur (100 millions selon d’autres sources), soit plus que les quatre ans de la Grande Guerre (20 millions)
-1629-1631 : la peste sévit à Barbezieux, Cognac, Pons et Angoulême.
-1647 : la peste est encore à Angoulême.
-1652 : elle est à Saintes et Ecoyeux
-1666-1673 : diverses épidémies à Tonnay Charente :"Dès le mois de novembre 1666, Colbert de Terron avait transformé en hôpital maritime le prieuré de Saint-Eloi de Tonnay-Charente, mais cet établissement devint bientôt insuffisant en raison du nombre toujours croissant des malades atteints de la dysenterie, du scorbut, du pourpre et de la peste. La crainte de la contagion finit même par en chasser les infirmiers, et les malades abandonnés de ceux qui étaient chargés de leur donner des soins seraient morts sans secours si les capucins du lieu ne se fussent dévoués à cet exercice de charité.
En 1675, l’hôpital de la marine ayant été transféré à Rochefort , dans un local disposé exprès à la suite du magasin des vivres, le soin des malades fut confié aux sœurs hospitalières de Saint Vincent de Paul. » source : Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l’Aunis - D. Massiou
-1686-1701 : peste et dysenterie à Pissotte et l’Orbrie (85)
-1693-1694, le froid et la famine sévissent sur le royaume : on compte de 1,6 million à 2 millions de victimes. « Pour la première fois depuis plus de 30 ans, on revit le pain de fougère, le pain de gland, les moissons coupées en vert et les herbes bouillies » (P. Goubert). Pour faire face à la famine, le Parlement ordonne aux curés la rédaction d’un état des pauvres dans chaque paroisse et la prise en charge des miséreux par tous ceux qui peuvent le faire (séries GG des AM et H des Archives Départementales). En mai 1694, le setier de blé atteint le prix record de 52 livres,(le setier valant entre 150 et 300 livres, il n’est pas possible de convertir. Les historiens s’accordent à donner à la livre la valeur d’un euro).Le même mois, le Parlement ordonne trois jours de procession dans toutes les paroisses
Les conséquences : à partir de 1694, accroissement de la mobilité, chute brutale des baptêmes avant une forte et rapide récupération de 1695 à 1707, mariages retardés, hausse des abandons d’enfants et multiplications des décès. .. parfois 25 % de la population d’une paroisse. Selon Marcel Lachiver, (1934-2008, historien spécialiste du monde rural) « En deux ans, il ne naît que 1 325 000 enfants, alors qu’il est mort 2 836 000 personnes. Le déficit dépasse les 1 511 000 âmes. En deux ans, (...) la population de la France passe de 22 247 000 habitants à 20 736 000 et diminue donc de 6,8 % ». François Lebrun ajoute : « Le rapprochement avec les pertes de la Première Guerre mondiale n’a rien d’incongru : la crise de 1693-1694 a fait en deux ans presque autant de morts que celle-ci, mais dans une France deux fois moins peuplée et en deux ans au lieu de quatre ». Les condamnations aux galères pour vol passent de 254 à 401 en 1693-1694
. En 1694, Fénelon dans sa Lettre à Louis XIV, critique la politique royale et expose la situation du pays : « (...) vos peuples (...) meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée, les villes et les campagnes se dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers ; tout commerce est anéanti (...) . La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provision ».
Dans beaucoup de provinces, les épidémies succèdent à la famine : la typhoïde, appelée fièvres putrides ou malignes, décime la population sous-alimentée.
« On n’entendait que des cris lugubres de pauvres enfants abandonnés par leurs parents, qui criaient jour et nuit qu’on leur donnât du pain. On ne voyait que des visages pâles et défigurés. Plusieurs tombaient en défaillance dans les rues et dans les places publiques et quelques-uns expiraient sur le pavé. » Témoignage d’un bourgeois d’Orléans en 1693 (cité par M. Lachiver).
-1694 : fièvre jaune à Rochefort. Cette épidémie a été décrite par Pierre Chirac (1652-1732), médecin du port de Rochefort vers 1696, médecin du Roi en 1731, dans son « Traité des fièvres malignes et pestilentielles qui ont régné à Rochefort en 1694 ». - Paris – 1742.
-1746 : peste et scorbut à Rochefort.
-1832-1834 : peste à Rochefort.
Ces épidémies n’ont pas forcement touché Mazières, l’enclavement et le peu de communication avec l’extérieur peut laisser présumer que Mazières a été sinon épargnée du moins peu touchée.

Le Petit Âge Glaciaire

Ne pas oublier que durant cette époque, a sévit ce que l’on a appelé « le Petit Âge Glaciaire» (PAG) de 1303 à 1860, et qui a entrainé plusieurs disettes et famines, attaques de loups. Les énumérer serait trop long, je ne vous donne qu’un exemple :
« En 1708, décembre fut particulièrement doux, il faisait 10° en moyenne. Rien ne laisser présager ce qui allait se passer en début janvier. Un courant d’air venant du Pôle Nord s’est dirigé vers l’Europe occidentale. Les températures ont chuté. Entre le 10 et le 30 janvier les températures atteignaient de -20 à -30° à Paris ; -15° à Bordeaux. Toutes les rivières et fleuves ont gelé.Il arrivait que l’océan gèle sur plusieurs centimètres. Les moulins ne pouvaient plus tourner, il n‘y avait plus de farine, donc plus de pain. Dans les habitations il ne faisait pas plus de -10°.Le sol était gelé sur plusieurs dizaines de centimètres. Toutes les cultures (céréales, arbres fruitiers, vignobles) étaient perdues. Les oiseaux, gelés, tombaient en plein vol. Le gibier disparu, les loups s’attaquent aux hommes.

Cette période dura trois mois. L’été 1709 ne connut pas de chaleur, les gelées se sont poursuivies jusqu’en juin» Les hivers 1709-1710 sont très rudes : famine et mortalité considérable (800.000 victimes). A noter que les morts de l’année 1709 sont imputés au froid polaire et à la famine et que ceux de l’année 1710 le sont plutôt aux épidémies (notamment fièvre typhoïde). Poursuite de la chute brutale des baptêmes avant une reprise soutenue à partir de 1711. Au total, pour les deux années, on enregistre en France 2.141.000 décès contre 1.330.800 naissances, soit une perte de 810.000 personnes, 3,5 % de la population. Selon François. Lebrun,(1923-2013, historien)la crise de 1709-1710 « a eu des conséquences démographiques beaucoup moins dramatiques que celle de 1693-1694 », car « les grains n’ont pas totalement manqué », les récoltes d’orge ont procuré une nourriture de remplacement, et enfin les mesures de secours des autorités se sont révélées efficaces (distribution de céréales provenant de régions peu touchées ou de l’étranger, distribution gratuite de pain...). Il n’en reste pas moins que le « grand hyver » restera longtemps inscrit dans la mémoire collective. Partout, les maisons d’assistance spécialisées (bureaux des pauvres, orphelinats municipaux, hospices pour aveugles ou pour vieillards, hôtels-Dieu et hôpitaux généraux) sont pleines.
Le froid terrible (jusqu’à moins 20 °) qui sévit sur la France, depuis la nuit du 6 janvier jusqu’à la mi-mars, gèle la plus grande partie des grains (blés semés à l’automne) et des arbres fruitiers (oliviers, noyers...). Il en résulte une hausse des prix brutale et catastrophique (montants multipliés par 5) et une dramatique crise frumentaire (*) suivie d’épidémies foudroyantes, (cf. les mercuriales, les témoignages et les registres paroissiaux). En avril, une ordonnance oblige les détenteurs de grains à déclarer leurs réserves. Les grains qui circulent entre les provinces du royaume ou qui proviennent de l’étranger sont désormais exemptés de droits d’entrée, d’octroi et de péages. Pour faire face à la situation, les riches sont taxés et les municipalités sont contraintes d’organiser des distributions de vivres aux nécessiteux. Ces mesures n’empêchent pas les méfaits des accapareurs de grains et des spéculateurs. Le vignoble nantais et l’oliveraie languedocienne sont totalement détruits par le gel (d’où l’implantation du muscadet dans la région de Nantes)
. Des émeutes urbaines éclatent, notamment à Paris, dans les villes de la Loire moyenne, en Normandie, en Provence, en Languedoc.
En 1709, près de 400 faux-sauniers (récolteurs de sel) sont condamnés aux galères et près de 300 en 1710, ce qui témoigne de l’explosion de la contrebande.

(*) frumentaire : distribution de céréales aux citoyens

toulouse
Partie de belote sur la Garonne gelée à Toulouse en 1956

C’est le même phénomène qui sévira en Europe et au Maghreb, en février 1956, où un puissant anticyclone sur le Groenland et une activité dépressionnaire faible sur l’Atlantique Ouest déclenchera une vague de froid sibérien du 1er au 29 février. En Provence, en quelques heures la température chuta de +20° à -20°. La sève qui montait dans les oliviers, en gelant avait fait exploser les arbres détruisant ainsi toutes les oliveraies des Bouches du Rhône.


Les Paitrault

Bon après ces joyeusetés on va s’intéresser aux Paitrault.
Nota : j’ai gardé l’orthographe « Paitrault » comme seule valable. Il est évident qu’une majorité de personnes étant illettrées, lorsqu’elles venaient faire une déclaration (naissance, mariage, ou décès) et qu’ils annonçaient « Paitrault », le curé ou l’officier d’État Civil, l’écrivait comme bon lui semblait, j’ai même vu plusieurs orthographes sur un même document Je garderai l’orthographe « d’époque » uniquement dans les transcriptions des actes. Je respecterais, autant que possible, l’orthographe , aussi fantaisiste qu’elle puisse être.

Je n’ai gardé que la lignée directe, je n‘ai pas développé les branches des frères et sœurs, ce qui aurait alourdi le récit et risquait de le rendre plus confus qu’il ne l’est et j’ai mis « en gras » les membres de cette lignée pour faciliter la lecture La lignée est courte, il n’y a que sept générations entre Georges(1629) et Henri (1930).
Quand je ferais référence à un Paitrault, je mettrais entre parenthèses sa date de naissance pour éviter les confusions, certains prénoms revenant souvent (six René par ex.) Je garderais pour les dames leur patronyme (feu le nom de jeune fille). Je rappelle que seul le patronyme est légal, le nom d’époux n’est qu’une convention.
Autre remarque, le prénom donné au baptème ne sera pas forcement le prénom usuel, ce sera quelquefois le deuxième prénom. Même à une époque récente, untelle baptisée Léa sera appelée Marguerite, par exemple.
Les noms, prénoms ou lieux soulignés indiquent un hyperlien vers un ou plusieurs actes (naissance, baptême, mariage ou décès) ou détail.

Le plus ancien Paitrault que j’ai relevé est donc Georges , il serait né à Mazières vers 1629, il épousa Jacquette Bertonneau à 57 ans ( avec + ou moins 10 ans) en 1686. Je n’ai rien trouvé sur Jacquette. Georges décédera en 1709 entre 70 et 90 ans. Dans l’hypothèse d’un décès à 70 ans, Georges aurait eu François (1693) à 54ans, si décès à 80 ans, cela ferait 64 ans, et un décès à 90 ans nous donnerait une paternité à 74 ans, qui est dans le domaine de l’improbable. Je garderai, avec des pincettes, 1629, date qui est la plus répandue dans les sites généalogiques.

Ils eurent trois enfants : René (1691) épousera en 1712 à 21 ans Françoise Masson née elle aussi en 1691 à Mazières.

Ils eurent six enfants tous nés à Mazières:

(*) Le fait qu’un enfant porte le même prénom qu’un précédent peut laisser supposer que le premier porteur soit décédé , mais Andrée me précise, que pour la mâles, c’était un moyen d’être plus sur que le prénom perdurera. Voir plus loin François (1806) et François Philippe (1815)

Lilou et Andrée ont trouvé un René décédé en 1721 "âgé de six mois", dont on ne connait pas les parents, mais il y a une impossibilité qu'il soit de René et Françoise: à sa présumée naissance Françoise attendait Marie

Fait étrange: Michelle décède le 19 janvier 1737 à 12 ans, René (1691) le 22 janvier à 46 ans et Françoise/Marie le 26 janvier à 24 ans. Trois décès en une semaine, Empoisonnement? Peu probable.épidémie ou maladie grave? C'est possible...

René (1691) épousera en deuxième noce en 1729 à 38 ans, Louise Faucher (1696-1766), 33 ans.

Cette date de mariage un an après la naissance de la petite Françoise peut laisser supposer que Françoise Masson soit décédée en couches. Le bébé a-t-il survécu ? Je n’ai rien trouvé dans les Archives Départementales, mais dans l’acte de mariage avec Louise Faucher, il est inscrit « veuf de deffunte louise masson » .Si l'enfant était mort-né, il n'y aurait pas eu baptême, donc pas d'inscription sur les Registres (Je rappelle que sous l’Ancien Régime, il n’y avait pas de Registre de Naissances, mais des Registre de Baptême) et donc pas de funérailles "officielles" .

René est bordier aux Roulières, "village" à environ 1km du centre ville actuel.

René et Louise auront cinq enfants : Là, nous avons le mystère des Françoises: à ma droite, Françoise (28/04/1733) dont nous avons l'acte de baptême et à ma gauche Françoise (sans acte de baptême) décédée le 19/12/1802 date certifiée par son acte de décès, mais qui renvoie sa naissance en ...1734.
Nous sommes d'accord avec Andrée pour penser qu'il sagit d'une seule Françoise, née en 1733 et décédée en 1802

Louise Faucher décèdera à 70 ans aux Roulières en 1766, René (1691) en 1737 à seulement 46 ans.

René (1736) à 25ans, en 1761 épouse Françoise Bonnet (1731-1796) née à St Marc La lande et décédée à Mazières.
Première escapade des Paitrault hors de Mazières: René (1736) va à St Marc, à 6km pour trouver une épouse.

Ils auront huit enfants tous nés à Mazières ou René est toujours bordier aux Roulières:
Mazières

Après le décès de Françoise Bonnet en 1796, René (1736) épousera en 1797 Louise Gibelot né en 1774 à Verruyes, commune limitrophe de Mazières.Hop! deuxième escapade!

En fouinant dans les Archives Départementales, j’ai trouvé en 1772, la naissance de deux jumelles Marie-Jeanne et Louise Masson. Elles doivent être des descendantes de Laurent Masson, beau-père de René (1691), mais surtout elles sont nées aux Roulières, ce qui signifie que les deux familles devaient se fréquenter encore, habitaient dans le même "village" et que René (1736), bordier, a du faire appel à Jean Masson, papa des jumelles, qui est laboureur. (on verra plus loin que les borderies n’avaient pas de train de labour propre et faisaient « sous-traiter »)

René (1736) et sa famille arrivent à la Tesserie après 1768.
Il y sera bordier.

Jacques (1765) épousera en 1794 à 28ans Marie Champeau (1772-1836) .Il est noté comme bouvier, journalier, bordier, cultivateur propriétaire à la Tesserie . Ils vivront et décéderont à Mazières.

Je ne sais pas quand il est devenu propriétaire, mais le fait est qu’il a pu, grâce à son travail acquérir la Tesserie. Je me permets d’exclure un héritage venant de Marie Champeau, son papa Pierre étant sabotier. Je rappelle qu’il pouvait être propriétaire que des masures, qui avaient beaucoup moins de valeur que les terres, compte tenu de leur côté "primitif".(cf § « habitat »)

Ils auront sept enfants nés à Mazières : Le fait de retrouver deux enfants vivants ayant le même prénom confirme ce que m’avait dit Andrée.


François (1806) à 35 ans,le 13-05-1835, épouse à St Marc la Lande, Marie Collin (1809-1860) originaire de St Marc la lande.

ils auront deux enfants: A l'époque François (1806) est ouvrier maçon, c’est un des rares Paitrault qui ne soit pas agriculteur. Il devait déjà être établi à St Marc avant son mariage mais très vite, avant le décès de Modeste il devient journalier .

Marie Collin meurt le 23 février 1860.

François(1806) se remarie le 07 novembre 1860 avec Louise "dite Legrand" 23 ans, de St Christohe sur Roc , fille de Catherine Legrand et de père inconnu (*).
Dans l’acte de mariage de François et Louise, Louise est simplement appelée « demoiselle Louise », on ne lui donne pas de patronyme étant de père inconnu, ou alors elle est appelée quelquefois Louise « dite Legrand » pour marquer plus surement l’opprobre.
Le frère de Louise, témoin du mariage est nommé Jean "dit Legrand"

A son mariage, la gourgandine est dèjà enceinte du premier des quatre enfants qui naîtront de son union avec François: